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  Aspects Environnementaux

  La région dispose d’un environnement naturel d’une beauté tout à fait exceptionnelle. Du haut Atlas avec ses rivières, ses forêts et ses montagnes enneigées, en passant par la plaine du Haouz et ses vastes étendus, jusqu’à l’océan Atlantique avec ses magnifiques plages, la pureté du paysage reste une caractéristique de l’attrait qu’exerce cette région sur ses visiteurs.

Cependant, des problèmes environnementaux liés aux extensions des espaces urbains, et à l’action de l’homme sur la nature, se posent avec acuité.
 
 
      1. L’eau et l’assainissement
 
 La région de Marrekch-Safi bénéficie des apports en eau des deux bassins hydrauliques, le bassin de Tensfit et le bassin de l’Oum-Er-Rbia.
Les ressources en eau renouvelables sont évaluées comme suit :
 
 

Bassin Versant

Eau de surface

Eau souteraine

Superficie en KM2

Oum Rbia

3450

580

48070

Tensift

870

640

24 800

Total Maroc

18000

4173

710 850

          Répartition des ressources en eau renouvelables par bassin versant en Millions de m3/ an

Sources : Ministère de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement (Département de l'Environnement)

 
 
Elles représentent pour le bassin de Tensift par rapport aux ressources nationales, 5% des ressources de surface et 15% de celles souterraines.

Le bassin hydraulique du Tensift s’étend sur une superficie de 24 800 km2 et dispose d’un potentiel hydraulique limité à environ 1.5 Mm3. Ce bassin se caractérise par un cadre géographique très varié avec six grands ensembles naturels : le Haouz, le bassin d’Essaouira- Chichaoua, la plaine Bahira-Guentour, la chaîne de Jbilet, le massif de l’Atlas puis le Haut Atlas Occidental. Le principal réseau hydrographique est constitué de l’Oued Tensift, ses affluents et le bassin côtier atlantique du Ksab puis Igouzoulane.
Concernant les Eaux de surface, les apports moyens annuels sont évalués à près de 877Mm3/an.

Cependant, le bassin bénéficie d’un transfert de 300Mm3/an à partir du bassin de l’Oum-Er-Rbia à travers le canal de rocade.
Les Eaux souterraines exploitées proviennent des nappes du Haouz, de Mejjat et d’Essaouira- Kourimat. Le potentiel des ressources souterraines utilisable est estimé à près de 451Mm3/an. Les prélèvements actuels sur les différentes nappes sont estimés à 520 Mm3/an.

Le développement socio- économique connu par la région (l’accroissement démographique, les surfaces agricoles irriguées, le développement du secteur touristique et industriel), engendrera une forte demande d’eau dans les années à venir. Les estimations des besoins à l’horizon 2020 sont d’environ 1 475Mm3.
Les statistiques relatives aux rejets d'eaux usées et flux de pollution par bassin versant sont assez anciennes (elles datent de 2007 au niveau de l’annuaire statistique du Maroc de 2013). Elles affichent des chiffres de 31 000 de milliers de m3 en rejets liquides au niveau du bassin de Tensift.

La préservation des ressources en eau, doit donc être une préoccupation majeure pour la région de Marrakech-Safi, et doit inciter les pouvoirs publics à adopter une politique plus vigilante et une gestion plus rationnelle de cette ressource.
Les ressources souterraines subissent dans plusieurs endroits une pollution en raison des rejets des eaux usées sans traitement préalable. C’est le cas pour une partie de la rive gauche de l’Oued Tensift au niveau des points de rejet des centres de Chichaoua, d’Imintanout, de Sidi Rahal et d’Amezmiz, mais également à l’aval les rejets liquides le la ville de Marrakech.

D’autres sources de pollutions sont à signaler également : l’impact de lixiviations résultant des décharges, l’effet des margines et l’emploi intensif d’engrais et de produits phytosanitaires.
Des projets de réalisation de station de traitement à Marrakech et dans d’autres villes de la région sont en cours.

 

     2. Les déchets solides 

 
La production de déchets de la préfecture de Marrakech en 2013 a été estimée à plus de 850 tonnes par jour. Les communes urbaines produisent plus de 82% du gisement total (Marrakech et Mechouar Kasbah) qui abritent 75% de la population totale de la préfecture. Au niveau de la commune de Marrakech, l’évolution de la quantité de déchets ménagers et assimilés produite par habitant (ratio) entre 2007 et 2011 est de 0.79 Kg/hab.
 
 
année 2007 2008 2009 2010 2011
Ratio/kg/ 0.76 0.79 0.84 0.8 0.76
                                        Evolution du ratio au niveau de la Commune de Marrakech
 
 

La commune urbaine de Marrakech, avec une étendue de172 km2 et une population avoisinant un million d’habitants, connait une extension urbanistique rapide avec un développement économique sans précédent. Cette évolution est liée principalement au secteur du tourisme qui représente aujourd’hui une place centrale dans l’économie avec une capacité de près de 50000 lits, générant une dynamique propice pour la ville et ses environs. Le tourisme est réputé également être un producteur principal de déchets. Au Maroc un touriste rejette 1 kg de déchet par jour contre 0,65 kg en moyenne par jour pour un habitant de Marrakech.
La collecte des déchets dans cette agglomération est passée par plusieurs étapes que l’on peut résumer comme suit:

  •  Avant le découpage de l’année 1992, la ville de Marrakech a été organisée en une seule municipalité. La collecte se faisait par quartier au niveau des seuils de maisons et se limitait à l’utilisation de moyens élémentaires. Les ordures collectées sont déversées dans des points intermédiaires avant d’être transportées vers la décharge publique.

  • Le découpage administratif intervenu entre 1992 et 2003, a donné lieu à cinq arrondissements (Medina ; Menara- Gueliz ; Sidi Youssef Ben Ali ; Ennakhil et Mechouar) leur donnant autonomie administrative et financière de gestion, a amené chaque commune à prendre en charge la collecte de ses déchets.
  • Dans le cadre de l’unicité de la ville depuis 2003 jusqu’en 2007, date de la mise en place de la gestion déléguée, la collecte a été confiée à un service commun pour les 5 arrondissements totalisant une population de plus de 816 000 habitants.
  • Depuis le 15 mars 2007 à aujourd’hui, la gestion de la collecte des déchets est déléguée à des sociétés privées.

 

       3. L'air

La surveillance de la qualité de l’air a été entamée en 1997, avec les premières campagnes du genre au Maroc menées par le Ministère Délégué chargé de l’Environnement sur l’agglomération de Rabat, à l’aide d’un laboratoire mobile. 

La région dispose de 5 stations Safi (1), Marrakech (3), et Essaouira (1) et un comité Régional de Suivi et de Surveillance de la Qualité de l'Air a été créé au niveau de la Région.

La province d’Essaouira possède une zone de littoral caractérisée par la coexistence de deux types de structures : le cordon des dunes sableuses et la forêt d’une part, puis les côtes sous forme de plates-formes rocheuses d’autre part. Les deux étant reliés par un rivage jalonné de plages de sables. Cet ensemble constitue un système écologique fragile en raison de la présence de dunes instables.

Les facteurs de dégradation sont multiples, cela va principalement des rejets des eaux usées domestiques des villes de Safi et d’Essaouira et des centres avoisinants la côte, puis ceux de l’Oued Ksab, jusqu’aux extractions anarchiques des sables.

Le port d’Essaouira qui constitue une richesse pour la ville sur tous les plans, est sujet de nuisances environnementales en raison de l’impact de déversement de polluants telles les huiles de vidange, les eaux de lavage ou les déchets.
Malgré ces contraintes les efforts déployés par les pouvoirs publics ces dernières années ont permis d’obtenir de grands progrès notamment au niveau de la surveillance et du contrôle de la qualité hygiénique des plages.

Le projet de la station de traitement par lagunage des eaux usées en cours de réalisation par l’ONEP est de nature à protéger ce littoral des charges polluantes.

 

     4. La conservation de la biodiversité et l’éco-tourisme 

 La région dispose d’une écologie diversifiée avec une richesse importante de paysages et de milieux naturels de grande qualité. Elle abrite une flore et une faune endémiques qu’il faut conserver et développer. 

Des aires protégées et sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE) sont identifiés pour assurer le maintien et la conservation du patrimoine et des ressources (flore, faune et aspect culturel). Leur aménagement et leur gestion patrimoniale sont décisifs et constituent un défi incontournable.

Le Parc National de Toubkal (dans la Province d’Al Haouz), sur une superficie de 38.000 hectares a pour vocation d’assurer la protection des milieux naturels de la plus haute montagne des Atlas. 

La réserve royale des gazelles a été créée à Safi à la suite de l'implantation du périmètre sylvo-pastoral de MSABIH TALAA en 1952, s’étend sur une superficie de 1987 hectares où sont préservées 300 gazelles de race « Dorcas » originaires de la région du Haouz.  

La richesse de la biodiversité de la région est à mettre en valeur par la mise en place d’une approche éco-touristique adéquate. Cette approche s’appuie sur des programmes d’actions concernant la sauvegarde des ressources naturelles et culturelles ainsi que sur l’exploitation touristique.

Elle présente également la particularité d’abriter la plus importante réserve d’arganier ainsi que la plus célèbre Palmeraie du Maroc (Superficie : 12 000 ha, Nombre de palmiers adultes existant : 118 687). 

Un plan d’action de sauvegarde et de développement de la palmeraie de Marrakech21 est en cours de réalisation par la fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. Ce plan prévoit la plantation de plus de 430 000 jeunes palmiers et l’entretien des 100 000 palmiers existants. 

Cette richesse naturelle de la région se trouve confrontée depuis plusieurs décennies aux pressions croissantes dues à l’urbanisation, aux aléas d’années de sécheresse.

 

Etude d'impact  sur l’environnement

Les Etudes d'Impact sur l'Environnement (EIE) permettent d'évaluer à priori, les répercussions des projets d’investissement sur l'environnement en vue de prévoir les mesures nécessaires pour supprimer, atténuer ou compenser les impacts négatifs et améliorer les effets positifs du projet.

Le système des EIE a été mis en œuvre au Maroc d’une manière progressive à travers plusieurs étapes. Entre 1994 et 2003, des EIE ont été réalisées d’une manière volontaire par les promoteurs de projets ou sollicitées par des bailleurs de fonds internationaux ou pour des raisons de sensibilité particulière d’un milieu récepteur d’un projet ou pour un arbitrage d’avis discordants concernant l’occupation des sols.

La deuxième étape, entre 2003 et 2008, a débuté par l’adoption de la Loi n° 12-03 relative aux EIE, devenue la référence législative d’application du principe de l’étude d’impact. Même en l’absence de textes d’application de cette Loi, une procédure d’examen des EIE s’est installée au niveau national.

Avec la promulgation en 2008, des Décrets d’application de la Loi n° 12-03 relative aux EIE, le système des EIE est entré dans une nouvelle étape charnière marquée par la déconcentration du processus d’examen des EIE et par la prise en considération de l’avis de la population concernée dans l’évaluation environnementale des projets. Cela a nécessité de grands efforts en matière d’organisation, d’adoption d’une démarche structurée du processus d’évaluation des ÉIE et un appui soutenu pour le renforcement des capacités des intervenants dans ce processus.

 

Comités des EIE

Composition des CNEIE et CREIE :

 

Comité National

Comité Régionaux

-Présidence : l’autorité gouvernementale chargée de l’environnement ou son représentant

-Membres permanents : les représentants des autorités gouvernementales chargées de :

L’intérieur ; l’équipement ; transport ; l’aménagement de l’espace ; l’urbanisme ; tourisme ; l’énergie et mines ; l’eau ; la santé ; l’agriculture ; la pêche maritime ; l’industrie ; la justice ; le haut commissariat aux eaux et forêts.

Membres invités à titre délibératif :

L’autorité gouvernementale concernée par le projet ; le (les) représentant(s) du (des) autorité(s) gouvernementale(s) concernée(s)par la gestion du milieu récepteur du projet ;

Le(s) représentant(s) de la chambre ou des chambres professionnelles concernées par le projet.

Membres invités à titre consultatif :

Toute personne ou entité publique ou privée compétente en matière d’environnement ; le pétitionnaire.

-Présidence : le wali de la Région devant abriter le projet ou son représentant

-membres permanents : les représentants régionaux de chacune des autorités gouvernementales chargées de : l’équipement ; transport ; l’aménagement de l’espace ; l’urbanisme ; le tourisme ; l’énergie et mines ; l’eau ; l’environnement ; la santé ; l’agriculture ; la pêche maritime ; l’industrie ; la justice ; le haut commissariat aux eaux et forêts.

Membres invités à titre consultatif :

Représentant régional de l’autorité gouvernementale concernée par la gestion du milieu récepteur du projet ;

L’autorité préfectorale ou provinciale concernée par le projet ;

Le (s) représentant de la Commune ou des communes concernées par le projet ; le (s) représentent(s) de la chambre ou des chambres professionnelles concernées par le projet.

Membres invités à titre consultatif :

Toute personne ou entité publique ou privée

Compétente en matière d’environnement ;  le pétitionnaire.

 

Domaines de compétences et attribution des CNEIE et CREIE :

 

compétences Comité National Comité Régionaux

Projets dont le seuil d’investissement est supérieur à 200 MDH.

Projets concernant plus d’une Région.

Projets transfrontaliers.

Projets dont le seuil d’investissement est inférieur ou égal à 200 MDH, à l’exception des projets multirégionaux ou transfrontaliers.
attributions

Examiner les EIE et instruire les dossiers y afférents.

Donner son avis sur l’acceptabilité environnementales des projets ; participer à l’élaboration des Directives afférentes aux EIE, préparées par l’autorité gouvernementales chargée de l’environnement ;

Soutenir et conseiller les CREIE dans l’exercice de leurs attributions.

Examiner les études d’impact sur l’environnement et instruire les dossiers y afférents concernant les projets qui lui sont confiés ; donner son avis sur l’acceptabilité environnementale des projets.

 

Procédure de l’EIE

 

procedure

 

Procédure de l'Enquête publique

Le dossier de l’enquête publique (EP) doit être préparé par le pétitionnaire, attaché à la demande d’ouverture de l’enquête publique et déposé au secrétariat permanent du comité régional des études d’impact sur l’environnement (SCR) qui assure également le secrétariat des commissions des enquêtes publiques (SCEP). Il doit comprendre les documents suivants, établis en langue arabe et française :

  • Une fiche descriptive faisant ressortir les principales caractéristiques techniques du projet soumis à l’enquête publique ;
  • Un projet de résumé (en langue arabe et/ou française et/ou amazigh), clair et compréhensible pour le public, des informations et des principales données contenues dans l'étude d'impact sur l'environnement concernée par l'enquête publique, notamment celles relatives aux impacts positifs et négatifs du projet sur l'environnement ainsi que les mesures envisagées pour supprimer, réduire ou compenser les conséquences dommageables du projet sur l'environnement
  • Un plan de situation désignant les limites de la zone d'impact prévisible du projet.

 

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